L'intelligence est un sujet particulièrement complexe, et pas seulement parce qu'elle est difficile à définir. Il apparaît en effet que nous vivons une époque où le mythe de l'intelligence en tant que critère universel de jugement de valeur d'une personne est extrêmement puissant : on peut dire qu'une personne est moins belle qu'une autre, ou moins riche ou moins chanceuse, mais pas qu'elle est moins intelligente.
J'espère que cette page permettra à chacun de revenir à une vision plus saine : l'intellligence n'est qu'une des caractéristiques d'un individu, parmi de nombreuses autres, caractéristique qui n'est ni la plus importante ni la plus "humaine".
Tout ce qui est écrit ci-après doit donc être pris avec la plus grande prudence, n'être considéré que comme des éléments d'aide à la réflexion (et pas comme des "vérités"), et ne donner lieu à aucune généralisation hâtive.
Cette page est complémentaire à la FAQ Douance et à la FAQ QI qui sont à lire préalablement.
Remarque : Les termes employés sont expliqués dans le Dictionnaire.
Une image très simple de l'intelligence est de la comparer à la force physique. L'intelligence est le résultat du cerveau comme la force physique est celle des muscles. Certaines personnes naissent plus fortes que d'autres, et l'entraînement leur permet d'augmenter en partie cet avantage, mais d'une manière limitée.
Mais on ne sait pas encore définir précisément l'intelligence : il s'agit d'un terme trop flou et toutes les définitions proposées à ce jour buttent sur des contradictions internes (exemple : si on définit que l'intelligence aide à l'adaptation à (ou de) l'environnement alors on ne peut expliquer pourquoi les surdoués sont inadaptés) . Aussi les spécialistes préfèrent parler d'intelligence générale qui correspond à une définition précise.
Il est amusant de constater que si on ne sait pas définir l'intelligence, on sait cependant la mesurer : les tests de QI mesurent bien ce qui est considéré unanimement comme l'intelligence (en d'autres termes : si vous interrogez un grand nombre de personnes sur ce qu'est l'intelligence pour eux, et construisez un test en fonction de leurs réponses, ce test sera corrélé avec les tests de QI standards*). Pour être plus précis, on peut dire que les tests mesurent bien le Facteur g, qui est une représentation fiable de ce que la majorité définit comme l'intelligence.
La compréhension de la relation entre Intelligence et Intelligence Générale est essentielle pour comprendre l'état actuel de la recherche, et éviter les dérives (et délires) que l'on lit souvent.
* : Entre autres études : Murphy, N. A., Hall, J. A., & Colvin, R. C. (2000, June). Judging a book by its cover: Accuracy in intelligence judgments. Poster session presented at the annual American Psychological Society Conference, Miami, FL.
Quand la psychologie s'est définie en tant que Science et s'en est donnée les outils (fin du XIX° siècle) la première approche de l'intelligence a été de trouver une mesure de temps de réaction à des stimulis simples (Sir Francis GALTON, 1822-1911, demi-cousin de C. Darwin). Aucun résultat probant n'a été trouvé à cette époque.
La première réussite a été celle de Binet (France, 1904) qui pour définir son test, s'est basé sur la constatation qu'il n'y a qu'une seule caractéristique de l'intelligence humaine sur laquelle tout le monde s'accorde : "elle s'accroît pendant l'enfance (au moins jusqu'à la mi-adolescence) sans que cet accroissement ne nécessite aucune acuité sensorielle exceptionnelle, ni aucune éducation spécifique" (Chris Brand qui se réfère à Matarazzo).
Les tests ont traversé l'Atlantique et leur analyse statistique (analyse factorielle) a permis à Spearman* de préciser un Facteur g (pour intelligence générale) qui explique 80% de l'intelligence mesurée dans les tests. Dans les années 30, CATTELL (né en 1905, UK puis USA) a décomposé ce g en g fluide (qui décroît avec l'âge) et g cristallisé qui reste stable (ils se rapprochent respectivement des tests "de performance" et "verbaux" de Wechsler).
Par la suite, l'utilisation de l'analyse factorielle a permis à différents chercheurs de distinguer de multiples facteurs de l'intelligence (de 3 à 150), mais à ce jour aucune approche n'a permis de remettre en cause le Facteur g (tous les facteurs trouvés finissent par être corrélés avec g, d'autant plus fortement qu'ils approximent le mieux l'intelligence). Le Facteur g correspond à une caractéristique biologique de l'être humain (comme sa taille, par exemple).
De nos jours, on revient à la mesure des temps de réaction à des stimulis simples : la précision des mesures a permis de découvrir des très fortes corrélations QI/IT (Inspection Time). Chris BRAND (connu pour ses recherches dans ce domaine) écrit : "Les haut-QI ne se caractérisent pas par la vitesse à laquelle ils réagissent à un stimuli, ou prennent des décisions, ou mettent en place des réponses dans la vie réelle ; mais ils sont clairement plus rapides à extraire les informations les plus élémentaires du monde." (The g Factor - p 77)
Ces différents points sont détaillés ci-après.
* En fait Spearman avait pu distinguer le Facteur g dès 1904, à partir des résultats partiels obtenus par les différents tests existant à l'époque.
Les deux à la fois : cela dépend de quoi on parle :
L'image des Processeurs va permettre de clarifier cette relation.
Pour comprendre facilement ce qu'est l'intelligence générale, nous allons partir d'une image très simple du cerveau : nous allons le représenter sous la forme d'un ensemble de processeurs spécialisés inter-reliés. Il y a ainsi un processeur de la gestion de l'espace, un processeur du langage, etc. (remarque : on emploie généralement le mot "module" à la place du mot "processeur").
Cette image est loin d'être parfaite : tout d'abord il apparaît que la destruction d'un module n'entraîne pas forcément la perte de la compétence associée (d'autres parties du cerveau peuvent prendre le relais), ensuite le lien module-compétence n'est pas universel (par exemple les femmes utiliseront des modules dans les deux hémisphères pour le langage, tandis que les hommes n'utiliseront que des modules de l'hémisphère gauche).
Cependant cette image permet d'expliquer l'évolution du cerveau à travers les âges, les différences de compétences entre différentes personnes, etc.
Et cette image permet aussi de comparer le cerveau à un ordinateur* composé de plusieurs processeurs spécialisés :
Imaginons maintenant que l'on fasse des tests de performances (composés d'items testant chaque processeur) sur un grand nombre d'ordinateurs. On constatera :
Il suffit donc de remplacer Processeur par Module, Items par Subtests ou Items et Résutat global par QI pour commencer à mieux comprendre ce que mesure le QI.
* : Bien sûr un cerveau est très différent d'un ordinateur (non neuronal). Mais il faut se rappeler que l'ordinateur a été conçu pour ressembler au cerveau, tel qu'on le connaissait à l'époque. Et John Von Neuman qui en a posé les bases est aussi à l'origine de la Psychologie Cognitive. La ressemblance n'est donc pas parfaite (loin de là !), mais elle existe.
Nous avons prédit que les résultats d'un ordinateur aux différents items seront en moyenne assez proches : en termes statistiques on mesure cette proximité moyenne par la Corrélation, on dit que les résultats sont corrélés entre eux (ou inter-corrélés).
En analysant plus précisément on peut aussi prédire que certains tests seront plus intercorrélés que d'autres : par exemple on peut imaginer que les tests mesurant le processeur d'Entrée/Sortie seront plus corrélé avec ceux du processeur central qu'avec ceux du processeur graphique. A l'idéal, certains tests seront corrélés à 1, c'est-à-dire que le résultat d'un test prédit exactement le résultat de l'autre. En réalité ce n'est bien sûr que très rarement le cas. Mais pour simplifier les analyses, on peut regrouper ces différents tests entre eux : si la corrélation est de 1 entre deux tests, on ne perd aucune information si on les rassemble, si la coréaltion est suffisamment élevée, alors la perte n'est pas trop importante. Nous dirons alors que des tests nous sommes passés à des Facteurs de niveau 1 qui les décrivent presque aussi bien (la perte est mesurée). On peut ensuite poursuivre le processus et regrouper ces Facteurs de niveau 1 en Facteur(s) de niveau 2, etc., jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un seul Facteur appelé Facteur Général.
Dans les études sur le QI, on s'est aperçu qu'il suffit de 2 ou 3 niveaux de facteurs, quels que soient les tests, pour atteindre le Facteur général. Cette propriété surprenante fait que Spearman lui a donné un nom particulier : le Facteur g.*
* : on écrit Facteur g avec un g minuscule italique (exactement à l'opposé du Point G).
Selon ce qui est mesuré, le Facteur Général sera plus ou moins fiable dans la description des résultats aux tests. Plus les tests sont intercorrélés, moins l'analyse par Facteur ne provoque de perte d'information, et plus le Facteur Général est fiable.
En psychométrie, sur l'analyse du QI, le Facteur g offre une fiabilité d'environ 70%, c'est-à-dire qu'il n'y a que 30% de perte d'information. C'est un résultat extrêmement important, et cela justifie l'importance accordée au Facteur g.
Les scientifiques ont tout simplement donné le nom d'Intelligence Générale à ce que à quoi correspond le Facteur g et qui est approximé à environ 70% par les tests de QI.
ATTENTION : par facilité de langage, les scientifiques emploient le plus souvent le terme "intelligence" sans préciser qu'en fait ils se réfèrent à l'"Intelligence Générale". Leurs discours doivent bien être compris en tenant compte de cette simplification de langage.
Dans notre image de l'ordinateur, nous pouvons chercher à analyser à quoi correspond le plus le Facteur Général. On s'apercevra peut-être qu'il correspond à 50% à la vitesse d'horloge du processeur (= le chiffre en Hertz après le nom d'un processeur, ex. Pentium IV 1,7 GHz). Seulement 50% de l'explication est trouvée, mais c'est déjà ça.
C'est à cette situation que les chercheurs en sont en psychométrie : 50% du Facteur g est expliqué par la vitesse de propagation du flux nerveux, dont on sait maintenant qu'il est en partie lié au taux de myélination du cerveau. Pour le reste : on ne sait pas encore.
Chercher à décomposer le Facteur g peut se faire de deux manières :
Actuellement, de toutes les tentatives de recherches des sous-composantes de g, seule celle de Cattell a été retenue. Il détaille le g Fluide (qui correspond à une intelligence d'origine indépendante des connaissances acquises) du g cristallisé qui prend en compte les connaissances. A partir d'environ 25 ans, le g Fluide décroît, mais jusqu'à environ 55 ans le g Cristallisé permet de conserver le niveau global de g. Le problème est cependant que le gF (Fluide)... est très fortement corrélé avec g... (Lire A.R. Jensen)
Toutes les autres approches ont échouées, le plus souvent parce que les Facteurs obtenus étaient fortement corrélés à g.
Pour comprendre les relations entre les différents g, voir le graphique de Chris Brand sur ce site.
Dans notre image sur l'ordinateur, nous avons complètement mis de coté un aspect essentiel : le logiciel système d'exploitation : certains logiciels seront plus gourmands en ressources que d'autres, et conséquemment moins rapides. Une différence de système d'exploitation (OS) va donc fausser les résultats, et tous nos tests de performances des ordinateurs s'écroulent. Les tests sont donc faits sur des ordinateurs avec le même OS : Le problème ne se pose pas. Mais pour le QI, n'y-a-t-il pas des éléments ressemblants qui pourraient avoir le même effet chez les humains ?
Oui : la culture.
On ne peut évidemment pas mettre tout le monde au même niveau de culture avant de passer les tests : le biais est donc obligatoirement présent. Mais, le sachant, on peut le gérer :
On peut bien évidemment aussi utiliser d'autres méthodes, comme l'Inspection Time pour mesurer le QI (voir FAQ QI)
Le QI cherche à mesurer l'Intelligence Générale, c'est-à-dire le Facteur g, c'est-à-dire une Caractéristique Biologique.
Il ne s'agit pas d'une mesure directe (comme on peut mesurer directement la taille de quelqu'un avec un mètre), mais d'une mesure indirecte (comme si on mesurait la taille de quelqu'un en se référant à son ombre sur un sol inégal) : la mesure n'est donc pas parfaite. Mais, avec l'avancement des tests, on estime la fiabilité des tests de QI comme supérieure à 70%, ce qui n'est pas mal.
Pour simplifier, on peut reprendre l'image de la force physique :
Ceux qui bénéficient d'une plus grande quantité de cette caractéristique biologique seront globalement plus forts que les autres, mais l'entraînement, la maladie, l'alimentation, l'état psychologique, etc. peuvent impacter en plus ou en moins sur cette force. Cependant, mesurer cette caractéristique musculaire suffit à avoir une très bonne approximation de la force potentielle de l'individu, comme mesurer le Facteur g suffit à avoir une très bonne approximation de l'intelligence que peut atteindre un individu.
OUI : pas absolument bien sûr, mais plus que les autres caractéristiques biologiques. Quand on considère qu'en moyenne 50% de la variance d'un comportement ou d'une caractéristique est héréditaire, les différents chercheurs ont trouvé un taux supérieur à 60% en ce qui concerne le Facteur g.
Non pas exactement : il faut prendre en compte le prénatal, donc l'environnement, dont les gènes de la mère. Cependant dans toute cette page nous parlons bien d'hérédité biologique et pas d'éducation.
Encore oui, même si le chiffre n'est pas encore déterminé précisément (en toute logique ça doit dépendre de chaque module).
Il est très facile de s'en apercevoir : la course en Formule 1 (voitures) demande un module de la gestion du mouvement extrêmement développé. On constate tout d'abord que très peu de femmes sont bonnes en course automobile (ce module est en moyenne moins développé chez elles) et ensuite qu'il y a des "familles" de pilotes : les deux frères Schumacher, le père et le fils Villeneuve, etc.
Tout à fait. Ce que l'on retrouve dans le sport automobile existe également dans d'autres sports, et également dans les compétences intellectuelles.
Non. Toute caractéristique exceptionnelle chez un parent aura tendance à être moins exceptionnelle chez ses enfants : c'est la régression vers la moyenne. Evidemment, les chances sont supérieures.
Oui. Le taux d'hérédité n'est pas de 100% : une telle conjonction n'est donc pas impossible (et se rencontre). Contraposée : avoir un enfant surdoué n'implique pas nécessairement qu'on l'est soi-même...
Le seul moyen efficace actuellement connu est de l'avoir avec une personne supérieurement intelligente. Attention : ça augmente les chances mais ne constitue pas une certitude ! Ensuite, bien sûr, il faudra lui donner les nutriments nécessaires pour qu'il puisse atteindre son potentiel génétique.
De plus en plus, des compléments alimentaires et des médicaments vont apparaître qui permettront l'augmentation biologique de l'intelligence.
Oui. Après plus d'un siècle de recherches, qui ont fait du QI l'outil le plus fiable des sciences humaines, on sait au delà de tout doute scientifique qu'il existe bien des différences stables de moyenne, d'écart-type et/ou de type d'intelligence (e.g. : verbal vs performance) entre des groupes humains définis en fonction de l'origine. Par exemple, on a découvert que les aborigènes d'Australie étaient meilleurs en repérage dans l'espace que les autres habitants.
NON. Cette erreur est fréquente, et dangereuse. En réalité la différence à l'intérieur d'un groupe est beaucoup plus importante que la différence entre les groupes. Même si vous trouvez deux groupes ethniques avec 30 points d'écart moyen de QI, chacun de ces groupes comportera des individus qui montreront plus de 100 points d'écart : la différence moyenne est donc négligeable.
Pour bien comprendre cela il suffit de comparer la différence d'intelligence moyenne entre les groupes avec la différence de taille moyenne entre les hommes et les femmes. Les hommes sont en moyenne 20% plus grand que les femmes. Mais beaucoup de femmes sont plus grandes que beaucoup d'hommes : il y a intersection. Donc si vous avez un rendez-vous avec un inconnu dont vous ne connaissez que le sexe masculin, vous pouvez parier que votre contact sera plus grand que les femmes autour de lui. Mais vous avez néanmoins un risque important de perdre votre pari.
On n'a pas de réponse définitive à cette question. On peut cependant remarquer qu'un certain nombre de contraintes pendant le pléistocène ont eu un impact.
A noter aussi que des choix politiques peuvent avoir des conséquences à long terme : un pays qui choisirait de défavoriser les intellectuels ferait baisser son QI moyen pour les générations à venir, tandis qu'un autre qui priviligierait économiquement les intellectuels le ferait augmenter de générations en générations (l'explication n'est pas que génétique, mais se situe aussi au niveau de l'éducation, de l'alimentation, etc.).
Voir le site Evopsy
On entend souvent que ces différences sont la "preuve" que le QI est biaisé à l'encontre de certaines populations. Ces accusations ont été tellement virulentes que la validation du QI a mobilisé énormément de chercheurs et que l'on dispose maintenant d'un nombre impressionnant d'études. On peut affirmer que le QI n'est pas biaisé à l'encontre de quelque population que ce soit.
Beaucoup pensent que les différences entre les Africains et les autres populations pourraient être atténuées rapidement par une meilleure alimentation et des meilleures conditions de vie (e.g. : meilleurs traitements médicaux) des enfants Africains. Les études montrent cependant que l'effet, non négligeable, ne serait pas suffisant au niveau du QI à court terme (par contre il serait important au niveau de la qualité de vie !!!). L'impact à long terme n'est pas bien connu.
Voilà bien l'accusation dont elle souffre le plus ! La réponse est NON !
Le racisme ne consiste pas à reconnaître l'utilité pratique de regroupements flous sur l'origine, mais de baser sur ces regroupements des politiques ou attitudes discriminatoires (dans un sens ou dans l'autre). Or la science ne s'occupe pas de dicter les choix politiques : elle ne peut donc être raciste.
Voir : Evoweb : Races, racisme et Evopsy
Cela semble à l'origine du à la confrontation de deux facteurs : les résultats scientifiques obtenus par la psychométrie, et l'agenda politique de certains. Cette accusation a été généralisée par la confusion entretenue entre le racisme au sens strict (voir ci-dessus) et une déformation particulière qui affirme que toute reconnaissance de l'existence de différences est du racisme (ou du sexisme (différences hommes-femmes), rouxisme (existence des roux), etc.)
Il faut remarquer que ces accusations sont le plus généralement portées par les partisans des politiques Collectivistes, qui ne considèrent pas l'individu mais le groupe (tout comme le racisme), et imposent l'appartenance à un groupe comme le premier critère définissant un individu. Ce sont ces mêmes personnes qui défendent les politiques racistes (au sens strict) de discrimination positive. Un individualiste ne s'intéressera pas au groupe, en dehors de besoins précis, et considérera tout individu comme une personne unique.
Voir : Evoweb : Races, racisme et Evopsy
Oui, ça y est, on sait le faire avec des médicaments qui interviennent sur la concentration et même, pour certains, directement sur la mémoire.
Le problème maintenant est le même que dans le sport : le dopage. De très nombreux scientifiques ont déclaré prendre de tels médicaments pour augmenter leur efficacité intellectuelle, que se passera-t-il quand les enfants seront obligés de faire pareil pour suivre à l'école ?
Oui et non. L'entraînement permet en effet d'augmenter ses compétences mais pas énormément : tout se passe comme si l'inné fixait un maximum, que l'environnement permettra, ou non, d'atteindre. A noter que toutes les tentatives d'augmentation du QI par des programmes de développement en très jeune âge ont ruineusement échouées (ex. : Head Start aux USA, qui aurait cependant eu un impact positif sur d'autres critères).
La découverte de tels moyens éducatifs fait partie des grands challenges scientifiques à relever.
Oui, et c'est hélas très facile : il suffit de priver le foetus ou l'enfant des nutriments nécessaires à sa construction.
Oui, mais c'est moins fréquent : on manque d'éléments pour déterminer si l'automutilation intellectuelle peut être définitive.
En partie oui : Une personne naissant dans un milieu très défavorisé risque de manquer des constituants nécessaires à sa croissance, et donc de subir des dégâts neurologiques. Mais la causalité peut aussi être inverse à celle que l'on entend fréquemment : les personnes ayant un QI supérieur à la moyenne (100) ont moins de chances de vivre dans un environnement social défavorisé, et leurs enfants auront donc plus de chances d'avoir un QI supérieur à la moyenne.
A noter que l'étude de l'INED de 1973 avait trouvé un même nombre réels de surdoués dans les milieux défavorisés, pris dans leur ensemble, que dans les milieux socialement élevés.
Peut-être : on n'en sait rien. Tout ce qu'on peut imaginer est que cette influence serait faible, à moins que le changement de milieu permette de débloquer l'enfant. Mais dans ce cas on ne pourrait pas dire que le QI a augmenté, mais juste que la première mesure était faussée.
Les études de Duyme et al. n'ont strictement rien prouvé (voir l'analyse sur ce site)
Peut-être. Une étude de 2003* a trouvé que l'héritabilité du QI était plus faible dans les milieux défavorisés que dans les milieux favorisés. Si elle est confirmée, cette étude démontrera au minimum l'influence négative que peut avoir un environnement difficile sur le QI, et peut-être même l'influence positive d'un environnement adapté.
Une image pour comprendre. SI on trouvait que la taille physique est moins héritable dans les milieux pauvres que dans les milieux riches**, on pourrait en déduire que :
La première de ces hypothèses est absurde (!!!), plus d'un siècle d'études suffisent à remettre en cause la deuxième hypothèse pour le QI, il resterait donc la troisième, et ses deux versions. Comme on sait qu'il est facile de faire chuter le QI mais qu'on ne sait pas l'augmenter, l'hypothèse la plus évidente serait que ce sont les conditions difficiles qui font baisser l'élément mesuré.
A noter qu'une conséquence serait que l'augmentation de la qualité de vie dans les milieux pauvres augmenterait l'importance génétique dans l'origine de l'intelligence.
* Eric Turkheimer et al. () "Socioeconomic status modifies heritability of IQ in young children" Research Article, Psychological Sciences Vol. 14, No. 6, 623-628, nov. 2003
** Je ne sais pas si de telles études ont été réalisées : il ne s'agit bien ici que d'une image !
Oui : de même que quelqu'un naturellement doué pour le sport s'entraînera plus (et avec plus de plaisir) qu'un autre, et augmentera ainsi son efficacité musculaire, une personne avec un Facteur g plus élevé aura tendance à avoir des activités intellectuelles qui entraîneront et augmenteront son efficacité intellectuelle.
Oui : les femmes préfèrent les hommes intelligents, ne serait-ce qu'en tant que géniteurs (pour se faire féconder, pas forcément pour vivre avec). Cependant, selon les circonstances environnementales, d'autres critères peuvent passer avant (exemples : force physique, richesse, etc.)
L'intelligence est aussi LE critère essentiel dans le choix d'un(e) époux(se), selon l'adage "qui se ressemble s'assemble" : la corrélation entre le QI de chacun des époux est en moyenne de 0,40 (aucune autre caractéristique n'offre un tel taux).
Voir le site Evopsy.
On n'a pas véritablement de preuve, mais tout d'abord l'histoire fait penser que non et, plus fondamentalement l'héritabilité* de l'intelligence est élevée.
En résumé (voir explication de Jacques Bénesteau sur ce site) l'héritabilité augmente avec à la fois l'origine génétique ET la variation. L'héritabilité du nombre de doigts est ainsi proche de zéro, non pas parce qu'il ne serait pas d'origine génétique (il l'est à presque 100%) mais parce que presque tout le monde a le même nombre de doigts (il n'y a pas assez de variation). En d'autres termes, la forte héritabilité de l'intelligence prouve non seulement son origine génétique, mais également sa variation.
Les évolutionnistes considèrent que si une caractéristique d'origine génétique est vitale pour le fitness** d'un individu, alors au bout d'un certain temps l'espèce ne sera plus constitué que d'individus qui en bénéficieront (les autres n'ayant pas transmis leurs gènes). En contraposée, une caractéristique qui présente beaucoup de variation dans son expression n'était pas vitale pour le fitness, au moins dans la gamme de ses variations. L'intelligence entre dans cette dernière catégorie, et n'a donc pas été d'une importance vitale pour tous les membres de l'espèce.
Dans ce cadre, il serait surprenant que l'évolution de l'humain vers une plus grande intelligence ait été continue, et rien ne prouve que nous soyons plus intelligents que les Grecs et les Egyptiens de l'Antiquité.
* : ce passage annule et remplace ce que j'avais écrit dans les trois premières éditions du Guide Pratique.
** : Fitness = chance de transmettre ses gènes dans les générations futures, c'est-à-dire d'avoir des enfants qui auront eux mêmes des enfants qui, etc.
Oui (en moyenne), ça surprend mais il existe bien une corrélation positive (+0,40) entre la taille de la tête et l'intelligence.
Oui, d'une certaine façon. Les tests montrent que le Facteur g des femmes est moins variable que celui des hommes (il y a plus de surdoués et de débiles chez les hommes que chez les femmes) : l'écart-type est de 14,5 chez les femmes et 15,5 chez les hommes (voir page statistiques du QI pour les calculs). Voir ci-après : "Les hommes sont-ils plus intelligents que les femmes".
Conséquence du point précédent : oui. La réussite des femmes aux tests de QI dépend de leur position dans leur cycle menstruel. Leur réussite augmente également à la fin de la grossesse et peu après l'accouchement. Une conséquence amusante est qu'il y a une proportion plus importante de femmes homosexuelles ou bisexuelles parmi les surdouées que dans la population générale (présence d'hormones mâles).
Peut-être. Jusqu'à très récemment, l'avis quasi unanime sur cette question correspondait à ce que j'écrivais ici :
Non : aucune différence globale n'a pu être démontrée. Par contre les compétences sont bien spécialisées : les femmes dominent (en moyenne) largement sur certains tests verbaux, ainsi que les tests de théorie de l'esprit, tandis que les hommes dominent sur les tests visuo-spatiaux : l'explication évolutionniste est évidente.
Cette non-différence entre les sexes pose cependant un problème : puisque les femmes ont un cerveau de 16% inférieur en taille à celui des hommes, et que la taille du cerveau est liée à l'intelligence, comment peut-on expliquer l'équivalence de résultat ? L'hypothèse de Ed. Miller est que les modules spécifiquement masculins occupent plus de place que les modules spécifiquement féminins.
Plusieurs études de Richard Lynn viennent remettre en cause de façon sérieuse cette opinion générale :
* Colom & Lynn (2004) : "Testing the developmental theory of sex differences in intelligence on 12-18 year olds" Personality and Individual Differences, Volume 36, Issue 1 , January 2004, Pages 75-82
** Richard Lynn, Paul Irwing (2004) "Sex differences on the progressive matrices: A meta-analysis" Intelligence 32 (2004) 481498
Non ! Il semble que ce mythe provienne des immigrants aux USA du milieu du XX° siècle qui ont été surpris par la libération des femmes (plus souvent blondes que là d'où ils venaient) et l'ont critiquée ainsi au travers des media.
Il me semble que ce mythe n'existe encore que parce qu'il est totalement antiraciste (antiblancs) : seules les personnes d'origine européenne sont blondes... On remarque d'ailleurs que dans les films le méchant est quasiment toujours le plus blond.
Voir Evoweb : Le QI des blondes
Les études montrent que les hommes et les femmes homosexuel(le)s ont des résultats qui les situent entre les hommes et les femmes hétérosexuel(le)s aux tests cognitifs marqués sexuellement (i.e. : où les hommes et les femmes montrent des résultats moyens significativement différents). Ces études ont permis de montrer l'influence du prénatal sur l'orientation sexuelle.
Parmi ses multiples intelligences, Howard Gardner en avait distingué une qui a connu un grand succès marketing : l'intelligence émotionnelle, qui serait liée aux relations avec les autres, serait "mesurable" par le QE (Quotient Emotionnel), et prédirait plus que le QI l'avenir professionnel et sentimental. Une étude de 2004* a trouvé qu'en fait l'Intelligence Emotionnelle correspond à un mix de g et de la personnalité, ce qui n'en fait pas une intelligence à part étudiable en tant que telle.
* Shulte et al. (2004) "Emotional intelligence: not much more than g and personality" Personality and Individual Differences 37 (2004) 10591068
Il ne s'agit là que d'un bric-à-brac incomplet de ce qui a une influence négative sur le QI et l'intelligence. On peut citer :